À vingt ans il hérite d'un royaume et d'une armée. À trente il commande de la Grèce à l'Indus. Entre les deux, il n'a jamais perdu.
Son arme n'est pas la force, c'est la vitesse. À Gaugamèles, Darius aligne une armée trois à cinq fois supérieure sur un terrain qu'il a fait aplanir lui-même pour ses chars. Alexandre refuse l'attaque de nuit qu'on lui conseille — il ne veut pas voler sa victoire. Au matin, il fait glisser sa ligne en diagonale, oblige les Perses à s'étirer pour le suivre, attend que la faille s'ouvre, et enfonce la Compagnie droit sur Darius. Le roi perse fuit. L'armée s'effondre.
Il chargeait au premier rang. Il a été blessé plus de fois qu'on ne peut le compter : au Granique un coup de hache lui ouvre le casque, à Malli une flèche lui traverse le poumon. À chaque fois il est remonté devant.
Ce n'est pas l'armée adverse qui l'a arrêté. Ce sont ses propres hommes, sur les bords de l'Hyphase, qui ont refusé d'aller plus loin. Il est mort trois ans plus tard à Babylone, à trente-deux ans, sans avoir désigné d'héritier.
Ce qu'on en retient
Arriver où l'adversaire ne t'attend pas, avant qu'il ait fini de se mettre en garde.
La vitesse n'est pas la précipitation. C'est de savoir, avant l'autre, où le trou va s'ouvrir.
Sur le vêtement
Portrait d'Alexandre au torse, le regard tourné vers le haut — la pose de ses monnaies, celle qu'il a imposée de son vivant.
Au dos : Morituri te salutant. Bandes latérales à motif, une ligne continue qui avance sans revenir.